Edito
Quantum of values
La crise économique n'atténue en rien les divisions des professionnels de santé. Les acteurs de l'économie sociale ne connaîtront ni drames collectifs, ni chômage de masse. Pourtant, tout humains qu'ils sont, dès l'annonce de sa loi par madame Bachelot, les groupes constitués se sont cabrés et la délétère partie du « qui perd gagne » se joue maintenant.
L'angoisse de l'échec est visible chez ceux qui se jugent faibles et peu confortés dans leur magistère. Parmi eux, les établissements participant au service public hospitalier, trop divers, peu coordonnés et mal défendus, se sentent floués par une loi qui ne dit mot sur l'antériorité de leur exercice du service public. Attribué désormais à tous, ce dernier n'est plus en définitive l'apanage de personne.
Les médecins des hôpitaux et des cliniques, ensuite, qui eux n'ont pas eu le temps de gagner les attributs d'un pouvoir managérial de décision, se découvrent « nus » face à des directions ou des actionnaires désormais confortés dans une autorité peu prêteuse. Le rêve de cogestion n'aura pas résisté plus d'un printemps à la volonté du pouvoir politique d'identifier partout et pour tout un chef responsable.
Les « petits » enfin, autour desquels l'étau se resserre encore d'un cran, sont pris maintenant dans les rets des futurs établissements de territoire qui, soyons-en certains, sauront gérer la pénurie à leurs dépens.
Les gagnants, quant à eux, seront dans ce jeu à « somme nulle » peu nombreux et toujours proches d'un pouvoir étatique régionalisé affermi. Quels que soient leurs statuts, les établissements devront prêter allégeance à une nouvelle hydre : une technostructure d'État, hiérarchisée et pyramidale, qui trouve une nouvelle fraîcheur à la faveur de la crise.
De l'autre côté de l'Atlantique, en revanche, avec Barack Obama, espérons que les gagnants seront les millions d'Américains sans couverture sociale...
Dr Pascal Maurel
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