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Dossier

Traitement de l'hémophilie

Thérapie génique : quels facteurs pour demain ?

Malgré les espoirs fondés de longue date sur l’apport de la thérapie génique, le traitement de l’hémophilie pourrait plutôt bénéficier, à court terme, de facteurs de coagulation modifiés.

Sur le papier, l’hémophilie représente un candidat idéal pour la thérapie génique : d’origine monogénique, la maladie peut être contrôlée par une faible fraction des taux physiologiques de facteurs de coagulation et ne souffre pas à court terme d’une synthèse trop élevée. Les premiers essais conduits chez l’animal puis chez l’homme ont montré la faisabilité et la relative innocuité de cette approche thérapeutique, quelle que soit l’approche envisagée (introduction du gène ex vivo via des fibroblastes ou transduction du gène à l’aide d’un vecteur viral ou non viral injecté).

 

Malheureusement, les données en efficacité n’ont pas confirmé ces espoirs : première difficulté rencontrée, celle d’une efficacité transitoire, rarement supérieure à quelques mois, liée à l’élimination du facteur par réaction immunitaire ou à l’apoptose précoce des cellules transfectées. Autre limitation, liée cette fois à l’utilisation d’un vecteur viral, la mise en évidence de l’ADN transféré dans le sperme de patients traités, qui soulève le risque d’une transfection des cellules germinales, éthiquement inacceptable et qui ont motivé l’arrêt des essais concernés. Pour le Pr Jean-François Schved, chef de service d’hématologie au CHU de Montpellier, « la modification du pronostic et de la qualité de vie des patients ne justifient plus autant, pour certaines équipes, d’explorer une méthode aux risques mal maîtrisés ».

 

L’amélioration des facteurs de coagulation reste donc une piste largement investiguée : la principale option envisagée est l’allongement de la demi-vie des facteurs de coagulation dans le but d’allonger les délais d’injection. Plusieurs options sont actuellement en cours d’études (phase I et II), notamment dans l’hémophilie A: pegylation du facteur VIII recombinant, pegylation du facteur von Willebrand recombinant (protecteur de la dégradation du facteur VIII), facteur VIII transgénique à temps de demi-vie allongée… Les données d’efficacité sont attendues, et devront être corrélées à la démonstration d’une absence d’immunogénicité.

 

Caroline Guignot

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