Crises aux urgences : L’Amuf parie sur l’InVS



On le connaissait râleur, on ne savait pas qu’il pouvait être aussi force de propositions : Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf) a avancé une série de suggestions, lors d’une conférence de presse commune avec l’association des usagers UFAL, pour régler définitivement la crise des urgences. Fidèle à sa méthode, Pelloux a d’abord lancé une volée de bois vert à la direction générale de la santé (DGS), coupable de ralentir le flux des patients aux urgences. « Il faut supprimer le département « urgences » de la DGS », a-t-il notamment affirmé.  Et de proposer un nouveau circuit décisionnel, court, dont l’objectif serait de « traiter tous les malades aux urgences en 3-4 heures ». Pour ce faire Patrick Pelloux propose de redynamiser l’institut de veille sanitaire (InVs), et de remettre en selle la direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (DHOS),  « de plus en plus exclue de l’organisation des urgences ». « L’InVs lancerait des alertes sanitaires, relayées par la DHOS qui autoriserait alors l’ouverture de lits », explique-t-il. Pour accompagner ce nouveau dispositif, Pelloux souhaite que la loi HPST, en discussion au parlement le 9 février prochain, interdise la fermeture annuelle de plus de 10% des lits. Par ailleurs, ces fermetures de lits devraient se décider bien plus tôt : « Dès aujourd’hui il faut que nous anticipions les fermetures de lits de cet été », a-t-il ajouté. Le président de l’Amuf, revenant sur les dysfonctionnement que le syndicat urgentiste a constaté durant les fêtes de fin d’année, a aussi demandé l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire. Commentant l’installation du conseil national de l’urgence, dont il est membre de droit en tant que président de l’Amuf, Patrick Pelloux a qualifié ce nouvel organe de « grand machin », incapable, selon lui, de régler les problèmes rencontrés par les urgentistes. Il a enfin plaidé pour octroyer aux hôpitaux des moyens plus conséquents, critiquant par là même le discours de vœu du président Nicolas Sakozy aux hospitaliers, qui imputait les problèmes hospitaliers à un déficit d’organisation.

Jean-Bernard Gervais
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