Tarifs : la FHP vent debout



Le volume d'activités en MCO connaîtra-t-il une augmentation de 1,7 % en 2008 ? Non, répond la FHP, oui, semble vouloir dire le ministère de la Santé. La réponse officielle à cette question est attendue avec anxiété par l'ensemble des fédérations hospitalières (FHF, FHP, Fehap) le 1er mars. Motif : selon un phénomène de régulation prix/volume, l'augmentation prévisionnelle d'activités en 2008 déterminera la progression des tarifs. Or, si l'activité évolue de 1,7%, la FHP en déduit que les tarifs ne progresseront que de 0,4%. "Une augmentation intolérable", s'écrie Jean-Loup Durousset, président de la FHP. Et fondée sur un mauvais calcul, qui plus est : "L'une des principales activités du privé lucratif est la chirurgie. Nous occupons 60 % des parts de marché. Or, un rapport de la Drees indique que le privé lucratif a perdu, dans cette activité, deux points en hospitalisation complète. Nous ne pouvons compenser par le développement de l'ambulatoire, car leurs tarifs sont trop peu élevés", explique jean-Loup Durousset. L'activité ne sera pas non plus portée par l'obstétrique. "En maternité, nous avons perdu 50 000 naissances en sept ans", poursuit le président de la FHP. SSR et psychiatrie ne semblent pas mieux lotis que le MCO : l'augmentation de leurs tarifs seraient, respectivement, de 1 et 1,7 %. Et, comme pour ajouter au désarroi, Les USLD (au nombre de 21 sur le territoire) privés craignent de basculer totalement du sanitaire vers le medico-social. Une fois n'est pas coutume : l'ensemble des fédérations, dans une lettre commune adressée à Roselyne Bachelot, tirent la sonnette d'alarme. Même si, en aparté, la FHP dénonce la progression des Migac, qui devrait être de 6% en 2008, et profiterait avant tout au secteur public : "Grâce aux Migac, le public accroit ses ressources de 1%, contre 0,03% pour le privé", affirme le président de la FHP. Face à la crise qui la guette, la FHP propose au ministère de la Santé ses propres remèdes : elle demande avant toute chose un taux d'évolution suffisant des tarifs à 1,5%. Mais aussi une équité de financement dans le cadre d'Hôpital 2012, et un égal accès aux autorisations. Enfin, la FHP, à l'instar du secteur public, revendique des missions de service public, comme la formation des médecins. Et pour ce faire, plaide pour une meilleure répartition de l'enveloppe des Migac.
Jean-Bernard Gervais