Opinion

OUI
NON

Raymond Soubie, monsieur le conseiller



Tous reconnaissent –avec respect ou crainte- la grande expertise de Raymond Soubie sur les questions sociales. L’expérience acquise au sommet des pouvoirs de l’Etat depuis sa sortie

de l’Ecole nationale d’administration, à la fin des années soixante, comme dans l’entreprise – il fonda Altédia un des plus importants cabinets de Conseil -  lui a donné la connaissance la plus intime des sujets sociaux et de santé. Ses multiples rencontres lui ont permis de croiser également les hommes qui y exercent ou y intriguent. Gardons de lui cette phrase : « le social, tout le monde en parle, mais peu en font leur préoccupation centrale ». Lui, il en fit son terrain d’étude et il y réussit magistralement au regard de son parcours de grand serviteur de l’Etat mais aussi d’entrepreneur. Au risque de se voir parfois critiquer sur le mélange des genres et de ses intérêts.

Comme chaque fois, quand la droite est au pouvoir, Raymond Soubie est de la partie. Il conseilla les ministres Joseph Fontanet,  Jacques Chirac, Raymond Barre, Edouard Balladur, François Fillon et maintenant, il est au côté du Président Nicolas Sarkozy.

Raymond Soubie est donc un homme de réseaux.  Mais il est aussi, pour ce qui nous intéresse, l’homme des Réseaux. Il conceptualisa les réseaux de première génération qui prirent d’ailleurs son nom : les  fameux réseaux Soubie. La vie réelle en a certes gardé peu de traces. Mais il a donné l’idée et, espérons-le pour l’avenir, la voie à suivre en matière d’organisation innovante de la santé.

Il est aussi le penseur du « panier de soins », un des meilleurs théoriciens des politiques  de Santé Publique, de la détermination d’objectifs en matière de santé, de l’évaluation. Il consigna toutes ces idées au travers du Rapport Santé 2010, écrit il y a  15 ans . Il y théorisa avec « ses compères » Portos et Prieur la réforme Juppé de 1996. Le célèbre rapport procurera à Raymond Soubie, l’admiration des « libéraux à fibre sociale » et des « étatistes modernes ».  Ses adversaires idéologiques de la gauche plus radicale lui reprocheront le « double visage ».

Pour l’avenir, le si influent Conseiller est partisan de la régionalisation. On peut donc être optimiste. Mais il avoue ailleurs qu’il « croit peu à la régulation financière par les prix induite par l’adoption de nouveaux forfaits ». Et que les échéances de court terme, en général économiques ruinent souvent les plus belles idées. Tout n’est donc pas gagné.

 PM

Les autres articles de cette rubrique: