Sarkozy : explication de texte de loi à Rambouillet



Face à la fronde des mandarins, Nicolas Sarkozy aurait-il choisi de se réfugier sous la blouse des infirmières ? Force est de constater que, pour son septième déplacement en milieu hospitalier, au centre hospitalier de Rambouillet vendredi 13 mars dernier, le président de la République a accordé une place de choix, dans son discours de défense de la réforme hospitalière, aux paramédicales. Egratignant au passage les « lobbies puissants », « pas toujours les plus nombreux mais les mieux placés ». Visés : les présidents de CME qui, comme un seul homme, ont annoncé leur volonté de démissionner de leur poste si le Sénat ne revoyait pas la copie de la loi HPST, en leur accordant de plus amples prérogatives au sein du directoire. Nicolas Sarkozy a préféré s’attarder sur le bilan comptable hospitalier favorable aux tutelles, passées et à venir : « L’effort budgétaire en faveur de l’hôpital a été considérable depuis 10 ans. C’est plus de 23 milliards d’euros que nous avons consacrés à l’hôpital. Et nous y avons créé plus de 100 000 emplois. » Tout en surfant sur un thème d’actualité, le pouvoir d’achat, en citant comme exemple la réforme du LMD, qui devrait profiter aux infirmières. Cette réforme devrait permettre à celles qui débuteront leurs études en 2009, et qui seront diplômées en 2012, d’avoir un diplôme reconnu au niveau licence. Avec, à la clé, un statut de cadre A, et une revalorisation salariale. Nicolas Sarkozy a d’ailleurs demandé à Roselyne Bachelot d’engager dès juin une négociation sur la réforme statutaire des infirmières. Toujours au chapitre du « travailler plus pour gagner plus », Nicolas Sarkozy a rappelé qu’il s’était fait un point d’honneur de régler l’ardoise des heures sup’, soit « 358 millions d’euros mis sur la table ». Et s’est engagé à mettre en place « de l’intéressement pour les personnels hospitaliers ». Seul hic : l’amendement créant un intéressement financier pour les hospitaliers a été rejeté lors de l’examen de la loi HPST à l’Assemblée nationale… Au-delà des chiffres, le président s’est fait fort de rappeler que « l’augmentation des crédits ne résout pas tout ». Et qu’il faut mettre un terme à cette organisation hospitalière où « tout le monde peut dire non et personne ne peut dire oui », en faisant du directeur « un vrai patron ». Pour autant, ce « patron » sera lui-même évalué par l’agence régionale de santé (ARS), qui le jugera, entre autres, sur sa capacité « à mettre en œuvre le projet médical arrêté par la CME ». Les craintes des PH, de devoir répondre à un directeur despotique, ne sont donc, pour le chef de l’Etat, pas justifiées. La nouvelle organisation répond aussi à un remodelage de la carte sanitaire, « qui explique une partie des gaspillages des dépenses publiques ».  A rebours de la réforme de la carte judiciaire, « il ne s’agit pas de fermer, mais de transformer » les établissements de santé, dans le cadre des communautés hospitalières de territoire (CHT). Là est la crainte des personnels hospitaliers : la mutualisation. « Comment assurer la sécurité du patient si l’on est amené à changer sans cesse d’établissement », se demandait Catherine Rosso, aide-soignante au centre hospitalier de Rambouillet, devant un parterre de quelque 800 hospitaliers. « Les personnels qui travaillent au chevet du patient ne seront pas mutualisés », lui a assuré Roselyne Bachelot. Et le président de citer l’hôpital de Rambouillet, qui a entrepris une collaboration des plus fructueuse avec le centre hospitalier de Versailles dans le domaine de la cardiologie. Un CH à citer en exemple à plus d’un titre, puisque l’établissement de Rambouillet a aussi terminé son exercice budgétaire 2008 en excédent. Qui plus est, son conseil d’administration est présidé par Gérard Larcher, inspirateur de la loi Bachelot, et par ailleurs président du Sénat, devant lequel la loi HPST devrait être examiné dans les semaines qui viennent…

J.-B. G.

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