Opinion

OUI
NON

Roger Ken Danis, à l’épreuve des faits



La question tarifaire va-t-elle détrôner le Dr Roger Ken Danis de la présidence de la FHP, dont les élections se déroulent le 28 juin prochain ? l’incertitude règne, tant le scrutin paraît serré, et les intérets des syndicats régionaux de la FHP divergents. Elu il y a trois ans, avec plus de 60% des voix, Ken Danis, chirurgien de formation et directeur de la clinique les Fontaines à Melun (77), a depuis le début de son mandat, consacré, nolens volens, une grande partie de son temps aux tarifs. Pour le meilleur et pour le pire. A peine six mois après son élection, le tout nouveau successeur de Max Ponseillé devait négocier un virage, et pas des moindres : le passage de l’ensemble des cliniques MCO à 100 % de la T2A. Succès garanti : on connaît, depuis, l’effet d’aubaine induit par cette nouvelle forme de tarification, et sa résultante : une amélioration nette de la rentabilité des cliniques. Ce que conteste la FHP, aux prises, sur ce sujet, avec la FHF, qui reproche aux cliniques de creuser le déficit de l’assurance-maladie, et de détourner l’argent de la solidarité nationale à des fins mercantiles. Débat vieux comme les ordonnances de 1945… Deuxième rendez-vous avec la question tarifaire : l'effet boomerang de la tarification à l’activité, à savoir les deux baisses tarifaires de 2006, consécutives à une augmentation des volumes d’activité des cliniques. Un coup dur pour Ken Danis, décrié depuis par de nombreux responsables. Coup de grâce ? Pas selon le président de la FHP, qui continue, dans son programme, à militer pour la convergence tarifaire public-privé… Mais qui défend également la (re)création d’un syndicat MCO, la reprise des relations avec le Medef. Et, bien sûr, la sauvegarde des intérêts propres des cliniques, grâce à une meilleure maîtrise de l’Ondam et surtout la remise en cause des Oqos. Sera-ce suffisant pour que les 105 grands électeurs de l’assemblée permanente des syndicats (qui réélisent aussi le comité exécutif) lui renouvellent leur confiance ? Pas sûr. Car tout semble indiquer que, au-delà des programmes des deux candidats, l’élection se jouera dans un rapport de force entre les grand syndicats régionaux. Gérard Angotti, président du syndicat régional FHP d’Aquitaine, un temps pressenti comme candidat à la présidence, a préféré finalement soutenir Jean-Loup Durrousset, le challenger de Ken Danis. Quant au sortant, il devrait compter sur le soutien du puissant syndicat Ile-de-France, même si aucune consigne de vote n’a été donné par le syndicat francilien. Reste une inconnue : la position des représentants des grands groupes de cliniques, dont la Générale de santé. Qui, selon un responsable syndical, n’aurait pas intérêt à se coltiner une FHP trop puissante. Le même responsable ajoute : « si la Générale veut avoir les coudées franches, son choix se portera sur Ken Danis. »

 

Jean-Bernard Gervais

Les autres articles de cette rubrique: