Revue XXI, l’étrange pavillon du docteur Henry



La revue XXI s’est assigné une noble mission : remettre au goût du jour le reportage au long cours, un genre journalistique semble-t-il tombé en désuétude, à l’heure du buzz et des alertes infos. Avec un certain succès : depuis sa création, en janvier 2008, XXI n’a cessé d’accroître sa notoriété, pour devenir l’équivalent d’un The New Yorker hexagonal. La onzième livraison de ce trimestriel nous conduit sur les rives de la Gironde, non loin de Bordeaux, dans un village, Cadillac, célèbre dans la région pour son centre hospitalier psychiatrique. Sylvie Caster, auteur du reportage, s’intéresse plus spécialement à l’unité pour malades difficiles (UMD) dirigée par  le docteur Henry. Qui accueille, dans la population des patients psychiatriques, parmi les plus dangereux éléments. Ainsi, Sylvie Caster, voit déambuler sous ses yeux le patient qui en 2004 avait assassiné à l’arme blanche deux infirmières au CH psychiatrique de Pau. Elle s’entretient également avec un patient, en charge de la bibliothèque, qui « ne peut éprouver de désirs sexuels avec les femmes qu’en les poignardant ». Une pareille proximité avec des sujets aussi dangereux a été rendue possible grâce à une nouvelle approche de la maladie psychiatrique, initiée par le Dr Henry, dont l’identité reste cachée. Plutôt que de faire appel à la contrainte propre à l’univers concentrationnaire, le Dr Henry a privilégié la communication avec les patients. Signe le plus visible de cette méthode : les infirmiers psychiatriques d’antan aux allures de déménageurs ont pratiquement tous été remplacés par de frêles infirmières. Une approche originale, à contre-courant, au moment même où le gouvernement prépare un durcissement de l’hospitalisation d’office.

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