Philippe Seguin (1943-2010) : l’intérêt général pour passion



Avec le décès prématuré de Philippe Seguin, c’est la dernière  grande figure du gaullisme social qui disparaît. « Homme d’Etat d’une exceptionnelle intelligence » pour Jacques Chirac, cet  authentique républicain et  orateur de grand talent aura marqué son époque. Cet ancien pupille de la nation, né le 21 Avril 1943, gravira une à une les marches qui le conduiront à occuper les plus hautes fonctions de l’Etat. Cet esprit indépendant n’aura occupé que l’espace de deux ans des fonctions ministérielles. C’était entre 1986 et 1988 lorsqu’il fut ministre des Affaires sociales et de l’Emploi du premier gouvernement de cohabitation sous la présidence de François Mitterrand. 

On parlait déjà de déficit de la Sécurité sociale. Chacun se rappelle encore du fameux plan Seguin, des Etats généraux de la Sécurité sociale et de la campagne sur le thème de  la baleine bleue. Certains imputeront la défaite de la droite deux ans plus tard à la tentative avortée de la réforme des ALD. Nul ne le saura. L’histoire retiendra surtout son rôle décisif dans l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République en 1995.

Près de 25 ans plus tard, devenu président de la Cour des comptes, Philippe Seguin retrouvera sur son bureau les mêmes dossiers. Son diagnostic sera sans concession : « On ne doit plus exclure toute augmentation des prélèvements sociaux. Ce serait une capitulation et l’explosion assurée du système. Je sais que cette idée reste taboue. Mais sans la traiter frontalement, on n’aboutira jamais qu’à de fausses solutions. » Souhaitons que ceux qui sont aujourd’hui aux affaires tirent profit du testament social de l’ancien ministre. Sans doute lors du prochain PLFSS. Mais la  voix de stentor de l’enfant de Tunis nous manquera…

Alexis Dussol

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