Opinion

OUI
NON

Aussitôt recruté, aussitôt expulsé



Le Dr Mounir Dahreddine a-t-il eu le tort de croire aux vertus de l’immigration choisie ? Après avoir satisfait, dans le cadre de la nouvelle procédure d’autorisation d’exercer (PAE), aux épreuves de sélection 2005-2006, et obtenu de ce fait un contrat de travail de trois ans au centre hospitalier des Gonesses (95) à compter du 1er mars 2007, Mounir Dahreddine est sous le coup d’une mesure d’expulsion par arrêté d’avril dernier. La deuxième pour ce médecin marocain spécialisé en ophtalmologie. La première mesure d’expulsion, datée d’octobre dernier, avait été annulée par le tribunal administratif de Paris en février dernier. Dans ses conclusions, le tribunal administratif relevait que « le refus de séjour qui lui est opposé est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation », et condamnait l’Etat français à verser 1000 euros au Dr Mounir Dahreddine. Ce qui n’a pas empêché le préfet de renouveler son arrêté d’expulsion à l’encontre du Dr Mounir Dahreddine. Pour ce faire, le préfet de police invoque l’article L311-7 qui prévoit que le Dr Mounir Dahreddine devait disposer d’un visa valide de trois mois, au moment de sa demande. Que s’est-il donc passé ? Présent sur le territoire français depuis février 2007 muni d’un visa de séjour de trois mois, le Dr Mounir Dahreddine n’a dû déposer une demande de régularisation qu’en septembre 2007. Qui lui a été refusée, pour la bonne et simple raison que son visa avait expiré. Et ce, malgré son contrat de travail, et la décision du tribunal administratif. L’Inpadhue (intersyndicale nationale des praticiens à diplôme hors union européenne) annonce qu’un deuxième recours a été déposé devant la juridiction administrative.

 Jean-Bernard Gervais

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