Nanotechnologies et médecine



Les nanotechnologies sont-elles encore un mirage? Sûrement pas après la lecture de la leçon inaugurale de Patrick Couvreur au Collège de France. Loin d’être encore confinés dans les laboratoires, certains fruits de cette recherche sont déjà disponibles, notamment sous la forme de vecteurs. D’un diamètre intermédiaire entre le virus et la bactérie, il existe des nanovecteurs de morphologie variée, depuis les liposomes jusqu’« aux nanoparticules à base de polymères pouvant donner lieu à des systèmes matriciels (nanosphères) ou réservoirs (nanocapsules), micelles formées de polymères amphiphiles, nanoparticules ultrafines d’oxydes de fer, polymère en étoile, nanoémulsion ». Pourquoi alors recourir à ces nouvelles technologies? Parce qu’elles permettent le transport de molécules fragiles. Dès lors, il ne s’agit pas d’opposer les nanotechnologies à des techniques plus récentes. Bien au contraire, associées, elles seront peut-être à l’origine de rupture thérapeutique, en autorisant par exemple l’encapsulation de molécules fragiles de type ADN ou oligonucléotides antisens. D’autres potentialités sont envisagées, comme l’association de plusieurs médicaments au sein d’un même nanovecteur ou l’utilisation « de matériaux intelligents ou sensibles à un stimulus physique ou chimique ». Pour autant, l’auteur ne dissimule pas les obstacles qui limitent encore aujourd’hui l’utilisation au quotidien de cette nouvelle technologie, comme la libération rapide du médicament encapsulé ou la difficulté de produire des matériaux synthétiques peu toxiques. Si l’avenir n’est pas encore totalement radieux, les nanotechnologies sont bien selon l’auteur l’avenir de la médecine.
Les nanotechnologies peuvent-elles contribuer à traiter des maladies sévères?, Patrick Couvreur, Éd. Collège de France/Fayard, 2010, 42 p., 10 euros.

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