Mouvement du 28 avril : la stratégie de division ne prend pas



Pour la troisième assemblée générale du Mouvement pour la défense de l'hôpital public (MDHP) le 22 avril dernier, l'amphithéâtre Luton de la faculté Cochin n'a pas désempli : près de 300 médecins se serraient sur les bancs les uns contre les autres pour pouvoir organiser la manifestation du 28 avril. Première surprise : les appels du pied de la ministre de la Santé en direction des internes n'ont semble-t-il pas été couronnés de succès.

Rappelons que Roselyne Bachelot avait reçu la semaine dernière un syndicat d'internes, pour lui assurer que les amendements ayant trait à la restriction du secteur 2 seraient supprimés. Nolens volens, dans l'amphi Luton, autant le représentant d'un syndicat de chefs de cliniques que celui du syndicat d'internes ont réaffirmé leur participation à la manifestation du 28 avril. De même, a rappelé Bernard Granger, la réception à l'Elysée par le président Nicolas Sarkozy de 11 professeurs parmi les 25 signataires du retrait de la loi HPST dans Le Nouvel Observateur, au moment même où se tenait l'AG, n'aura pas d'incidence sur la bonne marche de la journée du 28 avril. « Ces 11 professeurs, même si certains d'entre eux sont des sympathisants, ne représentent pas le MDHP. » Les régions par ailleurs commencent elles aussi à se mobiliser. « Amiens et Marseille participeront à Paris à la manif », scande triomphalement le professeur Bernard Granger.

Tandis que Nice, Montpellier, Lille, Tours, Rouen, Toulouse, etc. votent successivement la grève administrative. Les revendications du mouvement elles aussi prennent de l'ampleur : au maintien des services, de l'emploi, et de la cogouvernance médicale-administrative, le professeur Grimaldi, l'un des instigateurs les plus actifs du mouvement, ajoute aussi l'abandon de la convergence public-privé. Des revendications soutenues par des sympathisants, comme le mouvement des enseignants-chercheurs, ou encore Act-Up, qui souligne, toutefois, qu'il récuse à la fois un pouvoir hospitalier « totalement gestionnaire ou totalement médical ». Sud-Santé, par la voix de Marie-christine Fararik, rappelait également qu'une « gouvernance bicéphale administrative-médicale, en l'absence de moyens, est vouée à l'échec ». Loin d'être un affrontement directeur-médecins, le mouvement du 28 avril a également reçu le soutien des syndicats FO et CGT de directeurs d'hôpital. Mais la conférence des directeurs de CHU, la conférence des directeurs de CH et le SNCH sont résolument contre.

J.-B. G.

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