Michèle Delaunay « La politique, c’est la vie »



A soixante ans, Michele Delaunay, qui fait ses premiers pas en politique, peut se targuer d’une belle victoire: avoir remporté la bataille législative face à l’ex-numéro 2 du gouvernement Alain Juppé. Chef de service de dermatologie-cancérologie de l’Hôpital Saint-André (33), elle revient sur sa campagne, et dévoile ses futures combats dans l’hémicycle. Entretien.

Comment avez-vous ressenti votre victoire électorale ?

Après le 1er tour on pouvait penser que ma victoire était possible, mais cela ne veut pas dire que j’étais favorite. J’ai pris cette victoire avec un peu de fierté, fière d’avoir non pas, et surtout pas, battu Alain Juppé, mais d’avoir apporté une respiration démocratique à la ville de Bordeaux, qui en avait bien besoin.

Votre connaissance du secteur de la santé a-t-elle joué dans votre élection ?

 L’un des piliers de ma campagne a été la santé durable, c’est-à-dire essentiellement une politique de santé publique et de prévention. Un secteur assez éloigné de ma profession qui est le soin. Il est vrai que j’ai, sur ces questions,une certaine expertise parce que j’y ai réfléchi longuement : cela a été apprécié par les Bordelais.

Vous avez évoqué la prévention et la santé publique. Avez-vous abordé lors de votre campagne l’épidémie de maladies chroniques ?

 J’ai surtout abordé les maladies sociétales qui sont en train de faire basculer la médecine. Nous somme passés des maladie lésionnelles à un gros contingent de maladies sociétales, comme l’obésité. Il y a une proportion de ces maladies qui existaient beaucoup moins il y a une cinquantaine d’années. Nous devons faire exister une écologie centrée sur l’homme, et pas seulement sur l’environnement. Les écologistes disent souvent : dans quel état rendrons-nous notre planète ? Moi je dis aussi : dans quel état rendrons-nous l’homme ?

On vous a souvent présentée comme une novice en politique…

Non je ne suis pas novice, parce que je pense que la politique, c’est la vie. S’occuper du logement, de la santé, de l’emploi, ce n’est pas être un extra-terrestre, c’est s’occuper de ce que nous partageons. Ce qui est certain, c’est que je suis récente en politique, puisque je n’y suis arrivée qu’en 2001, où j’étais en deuxième position sur la liste d’opposition de Gilles Savary, en tant que membre de la société civile.

Vos parents ont, eux aussi, été élus ?

Mon père n’a pas été élu, mais il a fait durant de nombreuses années de la politique. Ma mère a été députée de l’Assemblée constituante. De par leur fonction j’ai toujours été en contact avec la vie politique, et je m’y suis toujours intéressée. Je n’avais jamais écarté l’idée de faire une carrière politique. Mais je pensais avant tout à un mandat local.

Propos recueillis par Jean-Bernard Gervais

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le Décision Santé n° 236

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