Le CHRU de Lille lance la biologie de demain



Il aura fallu deux ans d’expérience au centre de biologie-pathologie Pierre-Marie Degand (CBP) du CHRU de Lille pour admettre que son nouveau modèle de fonctionnement fait partie des plus efficaces du parc hospitalier français. Si on croit y voir en germe l’hôpital de demain, Philippe Vandewoestyne, directeur adjoint du CBP, évoque plus simplement « une biologie de demain ». Avec une surface avoisinant les 18 000 m², le CBP comprend dans un unique bâtiment de cinq étages les vingt-trois laboratoires qui étaient auparavant dispersés dans les différents hôpitaux du CHU. « La centralisation de la biologie offre des facilités pratiques, comme l’uniformisation de l’environnement informatique et des dossiers patients, mais elle permet aussi de favoriser l’interaction entre les équipes, et de travailler sur de nouvelles pistes », se félicite le Pr. Jean Rousseaux, le directeur du CBP.

Regroupement, donc, des services de biologie, mais aussi et surtout automatisation de l’activité, « l’un et l’autre étant liés deuis le début du projet », explique-t-il. Résultat : les échantillons biologiques sont acheminés depuis tous les secteurs de soin vers un unique lieu de réception, de tri et d’enregistrement au sein du CBP grâce à un système de transport automatique léger (TAL). 170 gares de départs répartis dans tous les bâtiments, 18 km de tubes et 20 réseaux permettent des transferts d’échantillon immédiats et rapides (jusqu’à trois minutes maximum). Le gain d’effectifs logistiques a été évalué à seize équivalents-temps-plein (ETP). « Le TAL offre un avantage de rapidité, mais aussi de traçabilité et de qualité du service rendu, confie le Pr. Rousseaux, et il n’aura fallu que onze mois pour l’amortir… » Au final, le CBP, opérationnel depuis mai 2007, reçoit environ deux milles prélèvements et réalise une dizaine de milliers d’analyse par jour. Il répond plus rapidement aux urgences, gère mieux les afflux massifs d’échantillons en matinée et peut, grâce à ses gains d’effectifs, redéployer son personnel sur des activités nouvelles.

Fabien Mondan

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