L’Amuf dénonce l’absence de dialogue social



« Tous les urgentistes en France ont fait leur temps de travail de l’année, et par conséquent, nous n’avons plus à travailler à partir du 1er décembre. » Ces propos de Patrick Pelloux, président de l’Amuf (Association des médecins urgentistes de France), traduisent avec force la colère et la détermination des urgentistes. « Et nous n’aurons pas à travailler après cette date tant que l’on n’aura pas résolu le problème du temps de travail minimal pour un médecin hospitalier », ajoute-t-il. La raison de cette irritation : les autorités restent sourdes aux appels répétés de l’Amuf sur la dégradation des conditions de travail des urgentistes. La question la plus sensible étant celle du rapport entre le temps de travail effectué et le temps de travail payé. Ce que regrette le plus le syndicat, ce n’est pas tant la persistance des mêmes problèmes depuis plusieurs années, que le mépris dans lequel il est tenu par le ministère de la Santé. « Ce gouvernement, malgré ses annonces, a complètement rompu le dialogue social », déplore Patrick Pelloux. Des tentatives de négociations ont en effet échoué depuis le début de l’année et cet été, des courriers adressés au ministère sont restés sans réponse. « Depuis 10 ans, l’Amuf est resté responsable, répondant aux assignations et aux réquisitions lors des grèves, mais aujourd’hui, nous ne sommes plus crédibles », déclare Régis Garrigue, secrétaire général adjoint de l’Amuf. « Et lorsque les urgentistes brandissent la menace de la grève totale, poursuit-il, les autorités nous provoquent, elles nous disent : vous ne la ferez pas, vous n’oserez pas… » Méprisée, provoquée, l’Amuf ne voit pas d’alternative à la radicalisation de son mouvement : « le bras de fer dans lequel on s’engage est ultime », assure le secrétaire général de l’association, déterminé à se battre jusqu’à obtenir gain de cause.

 

Paiement des heures sup'

Au centre des revendications, le paiement des heures supplémentaires dès la 39e heure travaillée, la suppression du paiement par demi-journées, qui réduit le salaire du médecin d’un tiers. « Nous ne sommes pas les curés du IIIe millénaire », tient à préciser Patrick Pelloux. L’Amuf demande aussi plus de moyens pour compenser la « faillite de la permanence des soins de ville » et les sollicitations toujours plus nombreuses des services SAMU-SMUR-Urgences. Elle dénonce les pressions de toutes sortes exercées sur les médecins, les réductions des effectifs, les fermetures d’urgences, etc. « L’état moral et physique des médecins ne peut plus garantir la sécurité des patients : 75% des urgentistes sont en burn-out », explique M. Pelloux. « Ceci explique peut-être pourquoi le système de santé français est passé de la première à la dixième place en deux ans, et pourquoi 39% des français hésitent avant de se faire soigner… »

 

Fabien Mondan

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