Jeudi 7 juin, 19h15, école maternelle, au 24 de la rue Delambre, 14e arrondissement.



C’est à quelques encablures de la tour Montparnasse, en plein boboland, que Serge Blisko, 57 ans, médecin généraliste pendant vingt ans dans le quartier des Gobelins, candidat socialiste aux élections législatives dans la 10e circonscription de Paris, tient meeting. Aux abords de l’établissement scolaire, accoudés contre les rambardes, de jeunes adolescents, habillés streetwear, se regroupent par grappes. Sont-ce des lycéens désoeuvrés ? Non, à en croire les auto-collants MJS qui égaient leur jeans baggy : il s’agit ni plus ni moins des jeunes pousses du Mouvement des jeunes socialistes. A l’intérieur de la maternelle, où, dans quelques minutes, Serge Bliko devrait haranguer les foules, les personnes âgées, au nombre d’une petite quinzaine, sont déjà installées sur des bancs inconfortables, et décryptent le programme de Serge Blisko, que résume ce seul slogan : « la gauche qui agit, la gauche qui protège ». Insensiblement, la salle se remplit, au point d’accueillir plus d’une cinquantaine de citoyens, de toutes générations. Et, c’est avec un quart d’heure de retard que le candidat socialiste, à l’allure bonhomme, prend la parole.     Entouré sur l’estrade par Carine Petit, sa suppléante, maire adjointe du 14e arrondissement de Paris, Benoit Hamon, député européen et de Pascal Cherki, adjoint au maire de Paris Bertrand Delanoë, Serge Blisko ouvre le bal en entonnant une rengaine chère aux socialistes en campagne : il faut voter socialiste pour éviter que l’Assemblée nationale ne soit une simple chambre d’enregistrement des décisions gouvernementales. Et d’oser filer la métaphore, en empruntant à sa profession une thématique médicale : l’anesthésique est parfait mais il faut se méfier des réveils douloureux… C’est alors au tour de Benoît Hamon, député européen, costume marron, regard clair, de prendre la parole. Charismatique, le jeune quadra, l’un des fers de lance du NPS (nouveau parti socialiste), ne peut s’empêcher de débuter son discours en rappelant la maxime qui lui a valu une certaine notoriété médiatique : Sarkozy, c’est « la droite racontée aux enfants ». Concentration des pouvoirs, mise au pas des médias, droit de grève menacé… Le fringant député européen égrène un à un les maux de l’ère sarkoziste. Pour finalement s’attarder sur son sujet de prédilection : l’Europe. Et de déplorer l’absence de remise en cause, par Sarkozy, du mandat de la Banque centrale européenne, trop enclin, aux yeux du député, à privilégier la stabilité des prix plutôt que la relance du pouvoir d’achat. Applaudissements dans la salle : une femme, dans la force de l’âge, d’une élégance toute parisienne, s’acclame, avec un fort accent anglais : « ce sont des politiques comme vous qu’il nous faut. » La parole est au public ; des doigts se lèvent, un vieil homme prend la parole. Très critique, le citoyen alpague le médecin-candidat, en lui demandant des comptes sur la politique de santé des socialistes. Et remarque à l’occasion que pas un gouvernement socialiste n’a défendu une réforme aussi courageuse que celle de Douste-Blazy. Pas plus que les socialistes n’ont osé s’attaquer au lobby médical. Posé, calme, Serge Blisko lui répond en lui faisant remarquer que la réforme des 35 heures a permis de créer 400 000 emplois, ce qui a participé au retour à l’équilibre de l’assurance maladie en 2001. CQFD. Pascal Cherki préfère lancer une diatribe contre les franchises de Nicolas Sarkozy. Et s’inquiète de l’accès aux soins des plus démunis et des patients atteints de pathologie lourde. Critique, Pascal Cherki propose aussi des alternatives aux franchises : un milliard d’euros, tonne-t-il, soit le trou de la sécu, c’est aussi le montant cumulé des stocks options des dirigeants d’entreprises cotés aux Cac 40. Sous-entendu : prenons l’argent où il se trouve. Il est près de 21 heures lorsqu’un jeune homme de 22 ans, ému aux larmes, se réjouit d’avoir pu assister à un débat où il fut tant question de santé. Sourire de Serge Blisko, rires de Benoît Hamon. Rassérénés, les sympathisants et militants socialistes se quittent. En attendant le duel final du 17 juin, qui devra opposer Blisko à Monique Vasseur… elle aussi médecin.

 

Résultat du 1er tour des élections législatives du 10 juin dans la 10e circonscription

 

Serge BLISKO ( PS ) : 36,75% ( 15 827 voix)

Véronique VASSEUR ( UMP ) : 35,97% ( 15 491 voix)

 

 

 

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