18 heures, Mairie de Vialas (600 mètres, 400 habitants), vacances de Pentecôte.



La salle municipale de Vialas (Lozère) est pleine d’une trentaine de citoyens, pour la plupart des retraités, qui se font un devoir républicain de recevoir, avec les égards dus à son rang, le notable du département. S’ajoutent à ce public du troisième âge, quelques vacanciers à la fibre centriste, capables de sacrifier deux heures de ballade dans les châtaigneraies, pour soutenir le représentant officiel de Monsieur Bayrou. Tous attendent sans agitation, derrière le maire du village, Bernard Vigne, ancien directeur de la DDASS de Nimes, l’arrivée du maire de Mende, Jean Jacques Delmas, ancien Député, venu avec son suppléant – Pneumologue et enfant du pays - présenter, ici, le programme électoral du Modem. Les 400 Vialassins, accrochés à leur terre Cévenole, protestante, sont politiquement plutôt à gauche dans une Lozère de Droite, catholique et fief autrefois sans contestation de l’Evêché de Mende et de … Jacques Blanc, lui même médecin et ancien homme fort du département. « La politique du goupillon », autrefois intransigeante en quelques hauts lieux du département, s’est transformée, au fil du temps, en une tradition apaisée de démocratie chrétienne. Nous sommes, en ce week-end plus ou moins chômé, installés au sud d’un des plus petits départements de France, parmi les plus pauvres, les plus ruraux, dans l’arrondissement de la Lozère 1 dans la Cévenne camisarde, nichée sous le Mont Lozère (1702 mètres), point culminant du massif central et du parc national des Cévennes.

« Parler concret »
L’allocution préliminaire de Jean Jacques Delmas, médecin de son état, prend un accent volontiers médical. Lozère, « cœur et poumon de la France », si recherchée pour son air pur par les Parisiens et les « gens de la ville » … Ayant repéré le journaliste médical, coincé derrière le représentant de la ligue communiste révolutionnaire, seul véritable contradicteur, plus attaché à évoquer la situation des Palestiniens que celle des Cévenols, le candidat centriste n’hésite pas, quant à lui, à « parler concret ». Il évoque, après la « prime à l’herbe » (sic !), les difficultés des maisons de retraite publiques du département, principales structures médicales de ce coin de la France rurale peuplé de tant de personnes âgées. L’élu demande au pouvoir public d’aligner les aides publiques des maisons de retraite publiques sur celle que recevraient les établissements privés qui, dans le cadre d’un programme de revitalisation rurale, bénéficieraient d’exonérations de charges sociales. Un déploiement d’aides de ce type dans le public permettrait, poursuit monsieur Delmas, d’embaucher quelques 300 nouveaux employés dans les établissements du département. Une aubaine pour des élus qui luttent contre le mal endémique mais violent de la fuite des jeunes des villages vers les villes entraînant la fermeture des services publics et des commerces.

Pathologies urgentes
Les malades atteints de pathologies urgentes à traiter sont aussi un souci permanent pour des responsables publics qui savent que l’assistance médicale en cas d’urgence est toujours très longue à venir, tant ici les routes sont tortueuses. En matière de santé, les réponses apportées par le candidat sont classiques et assez convenues. Le responsable centriste veut favoriser les réseaux de soins comme ce qui se fait déjà dans le domaine de la maternité et promet d’augmenter les rotations de l’hélicoptère venu de Montpellier en aide aux populations de ce désert médical. Il manque en effet cruellement de médecins, ici à 800 km de Paris, une centaine de Nîmes et Montpellier, les villes universitaires, et une cinquantaine d’Alès (50 000 habitants), la plus proche ville munie d’un plateau technique sanitaire moderne. Le candidat, très actif dans le développement d’internet dans sa petite préfecture, promet à chacun d’équiper le corps médical et infirmier, d’un internet à haut débit qui développera la télémédecine.
Quant à savoir quel financement sera nécessaire, le candidat à la députation est plus évasif. Certes avec François Bayrou, il veut réduire la dette pour nos enfants ( et les petits-enfants !). Mais, comme rien ici ne peut se faire sans l’aide de l’Etat, un zeste de « discrimination positive » est réclamé. Et finalement, bien que régionaliste ( c’est inscrit sur la profession de foi ! ), Jean-Jacque Delmas se méfie, de toute façon, de « ces technocrates de la capitale de la région tout autant que celle de la France ». Décidemment le département n’est pas mort.

Les autres candidats

CHAZAL Jean-Claude 01/04/1944 PARTI SOCIALISTE
ROUX François 13/03/1951 GAUCHE ALTERNATIVE 2007
LAMOTHE Eliane 16/01/1935 PARTI OCCITAN
MIRAMOND Véronique 14/10/1970 LIGUE COMMUNISTE REVOLUTIONNAIRE
COUVREUR Bernadette 09/04/1936 FRONT NATIONAL
COTENTIN Jean-Claude 25/04/1943 LUTTE OUVRIERE
GOHIER Edith 09/10/1947 LA FRANCE EN ACTION
AIGOIN Robert 22/07/1957 PARTI COMMUNISTE FRANCAIS
SAINT LEGER Francis 22/02/1957 UNION POUR UN MOUVEMENT POPULAIRE

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