Ircantec : le SNPHAR, premier opposant à la réforme



Malgré la publication des décrets et arrêtés du 24 septembre dernier actant de l’adoption de la réforme du régime complémentaire de retraite Ircantec (qui prévoit entre autres une baisse du taux de rendement de 12,09 à 7,75%), le SNPHAR, à rebours des intersyndicales de praticiens hospitaliers, continue de militer pour la réouverture du dossier. Fort marri de n’avoir pas été reçu par le ministre de la santé Roselyne Bachelot, suite à la grève des 16 et 17 octobre qui a enregistré un taux de participation de 60%, le président du SNPHAR s’est fendu d’une lettre ouverte au premier ministre François Fillon, suivie de sa publication dans le quotidien Le Monde. Qui demande instamment de reconsidérer cette réforme Ircantec. « Nous n’avons pour le moment pas eu de réponses », se lamente le président du SNPHAR, Michel Dru. « Mais nous n’excluons pas de mener de nouvelles actions en cas de refus de dialogue », complète Nicole Smolski, vice-présidente du SNPHAR. Raison de cet entêtement : la réforme de l’Ircantec s’est faite, selon le SNPHAR, dans la précipitation et sur de mauvaises bases. "Notre montant de retraite devrait baisser de 30%. Le gouvernement nous a proposé des mesures d'accompagnement qui ne compensent cette baisse qu'à hauteur de 7%", dénonce Michel Dru. Et de brandir un rapport de la Caisse des dépots et consignations, paru fin août, qui propose une alternative à la réfome adoptée. "En abondant notre cotisation annuelle de 400 euros de plus, nous pouvons pérenniser le montant actuel de nos retraites jusqu'en 2028", explique Max-André Doppia. Un moindre mal pour le syndicat des anesthésistes, qui a simulé, selon les tranches d'âge, les conséquences de cette réforme. "Pour les PH âgés de 30 ans en 2008, la baisse du montant des retraites est de 34%, de 27% pour ceux âgés de 40 ans, de 18% pour les quinquagénaires, et de 6% pour ceux âgés de 60 ans", analyse ????. Principales victimes de cette réforme, les internes. Qui ne se sentent pas pour autant concernés. "Le dossier est complexe. Qui plus est, les syndicats d'internes sont entièrement polarisés par la remise en cause de la liberté d'installation", constate Michel Dru. Il n'empêche : fort du succès de la grève des 16 et 17 octobre, le syndicat de PH remue ciel et terre pour faire entendre leur voix. Après Roselyne Bachelot et François Fillon, les syndicalistes ont frappé à la porte des parlementaires et sénateurs pour que leurs revendications trouvent un écho favorable dans la discusion du projet de loi Hôpital, patients, santé et territoire.

Jean-Bernard Gervais

 

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