HPST : des mesures bien légères contre l'obésité



L'Assemblée est venue à bout lundi soir 9 mars du troisième volet, prévention et santé publique, du projet de loi HPST. Après avoir adopté des mesures à la fois fortes et consensuelles à l'égard de l'alcool (interdiction de vente au forfait, aux mineurs, dans les stations-service après 18 heures, mais autorisation de la publicité sur Internet et des dégustations), l'opposition a réagi en saluant l'effort de lutte contre le binge drinking (beuverie express), mais regrette l’absence d’une vraie politique de prévention. Une mesure complémentaire a d'ailleurs été adoptée : les maires pourront désormais interdire la vente d’alcool à emporter sur leur commune entre 20h00 et 08h00.

Un autre article concernant santé des mineurs (article 25) a été adopté à l'unanimité en fin de soirée lundi. Il s'agit de l'interdiction de la vente des cigarettes aromatisées (cigarettes-bonbons). L'article a été complété par un amendement interdisant formellement la vente de tabac aux mineurs. La lutte contre l'obésité et pour une bonne nutrition, initialement absente du projet de loi, a été défendue par deux amendements du député UMP Valérie Boyer. Le premier fait de la prévention de l’obésité « une priorité de la politique de santé publique ». L'adoption de cette politique, approuvée dans l'ensemble, a cependant suscité certaines frustrations quant à la réelle volonté du gouvernement de mettre en place des moyens de lutte efficace. Deux autres amendements ont en effet été rejetés, l'un inscrivant « l’éducation à la santé et à la nutrition » dans les missions de l'école, l'autre interdisant les publicités pour produits sucrés ou gras à la télévision « dans les quinze minutes qui précèdent et suivent » des programmes jeunesse. Le député socialiste Marcel Rogemont a ainsi déclaré : « la lutte contre l’obésité sera une grande cause nationale mais pas à l’Assemblée nationale. »

Toujours concernant la nutrition, les députés ont adopté un second amendement Boyer permettant l’achat de fruits et légumes avec des tickets-restaurants, « afin que les 2,7 millions de salariés qui en bénéficient puissent plus facilement consommer cinq fruits et légumes par jours », a expliqué l'élue.  Enfin, en faveur de l'aspect santé du projet de loi, les députés ont également voté lundi soir à l’unanimité la levée de l’anonymat « en cas de nécessité thérapeutique et dans l’intérêt du patient » lors des consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) du sida et des hépatites. Cette levée pourra se faire sous réserve du consentement « express, libre et éclairé » de la personne intéressée.

Fabien Mondan

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