Hôpitaux publics : la FHF annonce la banqueroute



Au moment où, sur proposition de la commission Larcher, le président de la République Nicolas Sarkozy s’apprête à annoncer la réforme de l’Hôpital, la Fédération hospitalière de France (FHF) dénonce la faillite annoncée des hôpitaux publics, et appelle de ses vœux un plan gouvernemental de résorption des déficits, une meilleure définition du champ d’action de la T2A, ainsi qu’une revalorisation de la part des missions d’intérêt général (Migac).

Sous-financement

Pour ce faire, la FHF fait valoir plusieurs arguments. L’hôpital, bon élève de la maîtrise des dépenses de santé (de 42.1% en 1980, la part relative de l’hôpital public dans les dépenses d’assurance maladie est passée en 2003 à 34.5%) souffre d’un sous-financement chronique : selon la FHF, en 2006, l’insuffisance de l’Ondam était estimée à 700 millions d’euros. Laquelle insuffisance fut aggravée par des transferts financiers du public vers le privé, estimé en 2006 à 191 millions d’euros en faveur des cliniques. Tandis qu’en 2007, ce serait la médecine de ville qui aurait profité de l’enveloppe publique, à hauteur de 200 millions d’euros. Pour 2008, la situation reste invariable, puisque le déficit des hôpitaux est estimé à 800 millions d’euros… Sous-financé, l’hôpital public est aussi victime du mécanisme de régulation prix/volume inégalitaire et injuste : le privé et les activités hors-MCO échappent en partie à ce mode d’ajustement, alors que le public y est soumis à 100%. Quant aux tarifs, leur fixation, sous-estimée, est opaque. Face à pareil constat, la FHF craint que la résorption de ces déficits ne transforme les ressources humaines en variable d’ajustement : pour retrouver l’équilibre financier, il suffirait en effet de supprimer 20 000 emplois…

Jean-Bernard Gervais

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