Folie, aller simple



De Gisèle Pineau, on connaissait les romans qui exploraient les uns après les autres le drame de la femme antillaise, mal aimée, bafouée, violentée. On ignorait pratiquement tout de ce qui fait le quotidien de cette romancière qui se partage entre Paris et la Guadeloupe. Un quotidien d’infirmière psychiatrique qui là encore revêt également un aspect tragique. Car Gisèle Pineau, lorsqu’elle enfile sa blouse d’infirmière pour commencer sa journée à l’hôpital, passe de l’autre coté du miroir : elle pénètre un monde où les suicides se comptent par dizaines. Et c’est d’ailleurs l’un d’entre eux, celui de Sophie, l’une de ses patientes, qui débute ce récit, longue chronique sur la folie, la psychiatrie, le déraisonnable. Un monde hors du commun, rattrapé, cependant, par des préoccupations très ordinaires, comme le manque de places dans les services, la fatigue, les insultes… Tout en décrivant son parcours personnel, Gisèle Pineau nous plonge dans cet ailleurs qu’est la folie, pour nous faire découvrir un monde sombre, émaillé de répits lumineux. Les instants de bonheur.

Gisèle Pineau. Folie, aller simple. Editions Philippe Rey.

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