Entretien exclusif avec Philippe El Saïr : le SNCH fait sa mue



Les 11 et 12 juin prochains, le SNCH tient son congrès à Deauville. Qui s’annonce historique. A la clé : un changement de nom et de statut pour le SNCH qui pourrait bien, si ses adhérents le votent, s’appeler désormais syndicat national des managers de santé. Pour accorder au sein du syndicat la place qui revient au secteur médicosocial. Entretien avec Philippe El Saïr, président du SNCH.

 

 Le syndicat national des cadres hospitaliers (SNCH) pourrait changer de patronyme pour devenir le syndicat des managers de santé. Pourquoi ?

Depuis quelques mois, et il en sera beaucoup question lors du congrès, nous avons lancé le débat sur la nature du SNCH : doit-on devenir le syndicat national de tous les managers de santé ? J’aurais tendance à répondre par l’affirmative pour deux raisons. Le SNCH doit achever sa mutation historique en direction du secteur social et médico-social, qui devrait être en pleine croissance au XXIe siècle. Cette mutation a été progressive puisque le SNCH a été à l’origine du statut des D3S en 2001. Dans ce secteur, il va falloir être créatif, inventif. On ne peut pas appliquer les recettes de l’hospitalisation au secteur médicosocial. Deuxième raison : ce secteur bénéficie de financements importants. L’Ondam du médico-social est le double de l’Ondam sanitaire. Sur ce secteur, le service public doit être offensif. Pour le moment, le médicosocial est trusté par le secteur lucratif. Qui plus est, le secteur est émietté : il y a trop de structures de petite taille qui empêchent la mise en place de projets. Les D3S (directeurs d’établissements médicosociaux) ont donc un exercice très isolé. Le métier est peu attractif, de nombreux postes sont vacants. Le nouveau statut de D3S est un statut intéressant, mais il n’est pas suffisant. En particulier sur les primes, qui demeurent insuffisantes.

 

Quelles sont, selon vous, les problématiques, actuelles et à venir, du secteur médico-social ?

Le reste à charge reste un problème de taille. Dans les structures publiques, il est estimé à 1500 euros par mois, ce qui est énorme. Cela pose le problème de la création du 5e risque, que le président Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux. Deuxième problème, plus conjoncturel : la campagne tarifaire 2009. Il ne faudrait pas que la mise à niveau des Ehpad pâtissent   du principe de convergence tarifaire qui vient d'être annoncé. Pour toutes ces raisons, le congrès de Deauville devrait être important.  A l'issue du congrès, il faudra envisager de lancer un référendum  pour modifier les statuts de notre syndicat, et éventuellement créer une nouvelle catégorie sanitaire et sociale. Le changement de nom devrait nous permettre de renforcer la composante « management » pour marcher réellement sur nos deux jambes, l’une sanitaire et l’autre médicosociale.

 

La loi HPST est-elle abordée lors de ce congrès ?

Nous allons surtout  aborder le sujet des communautés hospitalières de territoire (CHT)  lors des tables-rondes. Dans la loi, aucun mode d’emploi n’accompagne la mise en place de CHT. Quels sont les critères d’une bonne CHT ? Dans quels cas une CHT est-elle pertinente ?  Quelle sera la place du secteur médico-social ? Autant de sujets de débats. Les réponses à ces questions  doivent nous permettre de nous saisir de ce nouvel outil qu’est la CHT, pour éviter  que les futures agences régionales de santé (ARS)  n'imposent des solutions d'en haut .

 

Propos recueillis par J.-B. G.

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