Trois questions à Lamine Gharbi, président du nouveau syndicat FHP-MCO



Décision Santé. Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Lamine Gharbi. J'ai débuté dans le monde de la clinique privée en 1991 comme directeur de la clinique Pasteur à Pézenas. Petit à petit, j'ai monté un groupe régional d'établissement de santé, Cap Santé, qui comprend deux cliniques, un centre de convalescence et trois maisons de retraite. Je suis vraiment un homme de terrain. Pour moi, la santé, c'est du concret. Quant à mon engagement syndical, il remonte à 1993, l'année de mon élection comme membre du conseil d'administration de la FHP Languedoc-Roussillon. En 1995, j'ai été élu membre du bureau et trésorier en 1997, vice-président en 2004, et président de la région en 2007.

 D. S. Quels vont être, à court et moyen terme, les combats que vous allez défendre ?

L. G. L'urgence absolue, c'est la réforme de la tarification prévue pour le 1er mars 2009. Actuellement, le secteur privé compte 700 tarifs dans la V10. La réforme devrait les faire passer à 2 000 environ dans la V11. Les pouvoirs publics veulent indexer cette V11 avec l'étude nationale de coûts qui a été réalisée. Avec cette dernière, il faut dans un premier temps être excessivement prudent, puisqu'elle est issue de 32 établissements privés sur 718, soit pas même 5 % de la globalité. Lorsque l'on compare V10 et étude nationale des coûts, nous dénotons des variations de notre chiffre d'affaires de 30 %. Quand il y a autant d'écarts, c'est significatif. Le ministère voudrait nous proposer une nouvelle convergence intrasectorielle à partir de ce constat : nous nous y opposons formellement. Notre position est la suivante : par rapport à l'étude de coûts, il faut relever tous les GHS qui lui sont inférieurs. Mais il ne faut pas toucher aux GHS supérieurs. Nous allons aussi nous battre sur la problématique du coefficient de haute technicité, de la réanimation, des soins continus, de la cancérologie dans le cadre des SROS. Mais aussi sur le dossier « Urgences » : il y a 115 services d'urgences en France reconnus et 250 qui s'en revendiquent. Il y a donc 135 établissements qui font des urgences en France et qui ne sont pas reconnus. Il y a aussi le problème de l'imagerie lourde ; il n'est pas normal que nous n'ayons pas tous un scanner aujourd'hui. Et le volet social qui est important avec la rémunération des salaires.

 D. S. Quelles synergies envisagez-vous avec le syndicat LE MCO ?

L. G. J'ai toujours été adhérent du SCS MCO. Il y a beaucoup de membres du SCS qui sont dans notre nouveau bureau : Marc Wasilewski, Sami Rifaï par exemple... En collaboration et en échange avec Olivier Toma, le syndicat Le MCO va se dissoudre. Sous quelle forme ? Je ne sais pas encore. Mais d'ici à la fin de l'année le SCS MCO devrait s'arrêter. C'était aussi le but de ma campagne, à savoir fédérer toutes les énergies : les groupes, les indépendants, et le SCS. J'y suis parvenu et j'en suis très heureux.

Propos recueillis par J.-B. G.

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