DMP : une première étape sur trois ans



La relance du dossier médical personnel (DMP) présentée demain par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot sera-t-elle la bonne ? Avançant prudemment, les artisans de ce DMP nouveau, d’après un document de travail de l’agence des systèmes d’information partagés (Asip), privilégieront « une approche méthodique et pragmatique ». Un DMP1 devrait donc être déployé entre 2010 et 2013. L’année 2009 étant consacrée à la conceptualisation et l’élaboration de cette première étape. Il devrait comporter des services initiaux de partage, à l’intention des professionnels de santé (PS). Dans cette catégorie, les auteurs du rapport listent entre autres : antécédents et allergies, résultats d’examens de biologie et radiologie, comptes-rendus d’hospitalisation et de consultation… Sur la base de ces services initiaux, des services spécialisés à valeur médicale supplémentaire seront proposés : dossier communicant de cancérologie (DCC), suivi du diabète, DMP de l’enfant, prescription électronique, partage de l’imagerie médicale… Quant aux patients, le DMP1 devrait leur permettre d’accéder à la réception automatique des résultats d’analyse, à des échanges dématérialisés avec leur médecin traitant, à des programmes d’accompagnement thérapeutique… Le DMP, qui devra s’intégrer tout à la fois dans les applications métiers des professionnels de santé, mais aussi dans les nouveaux téléservices à destination des patients, bénéficiera d’un hébergement national. Les professionnels y accéderont via la carte professionnelle de santé (CPS). La sécurité de l’hébergement des données de santé est considéré comme un élément clé de la relance du DMP. A ce titre, les auteurs du rapport rappellent « qu’il y a urgence à compléter le cadre réglementaire relatif à la confidentialité des informations médicales conservées sur support informatique […] un arrêté est en cours de concertation et devra être finalisé dans les prochains mois ». A ce titre, un identifiant national de santé unique (INS), calculé localement à partir des données de la carte vitale, serait accessible dès 2010. De même, l’accès au Répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) devrait être accéléré. La maîtrise d’ouvrage du DMP devrait être régionale, et s’articuler autour d’espaces numériques régionaux de santé (ENRS), adossés aux agences régionales de santé (ARS). Ce qui permettrait de faire converger les expériences régionales en cours vers un modèle national. La maîtrise d’œuvre du DMP devrait être confiée aux industriels. La deuxième étape de développement du DMP devrait voir apparaître, entre autres, un portail des données de santé. les auteurs du rapport envisagent aussi d’évaluer le service médical rendu des systèmes d’information de santé.

J.–B. G.

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