Directeur d'hôpital : une profession à haut risque



C’est la goutte qui a fait déborder le vase : la mise à pied de Michel Gellion, directeur du CHS de Saint-Egreve (Isère) près de Grenoble le 19 novembre dernier a provoqué l’ire de la profession. C’est à la suite du meurtre d’un jeune étudiant par un patient échappé de l’hôpital psychiatrique Saint-Egreve, que la décision a été prise de suspendre son directeur. Il a été depuis nommé directeur adjoint au CHU de Nice. Le président de la République Nicolas Sarkozy avait auparavant déclaré que, dans ce drame, « chacun devrait prendre ses responsabilités ». Dont acte. Une décision qui n’a pas l’heur de plaire au microcosme hospitalier. La FHF se fendait ainsi d’un communiqué paraphé par quelque 23 responsables syndicaux, déplorant « une décision injustifiée ». Le 24 novembre, les trois organisations syndicales siégeant aux commissions administratives paritaires nationales (CAPN), le SNCH, le Syncass-CFDT et cadres hospitaliers-FO étaient reçus par le directeur de cabinet de Roselyne Bachelot, qui n’a pas levé pour autant la suspension du directeur. Fort marris, les responsables syndicaux prenaient alors l’initiative de lancer une pétition en faveur de la défense de la profession de directeur d’hôpital. Une profession bien malmenée, puisque, concomitamment à la mise à pied de Michel Gellion, Raoul Pignard, directeur par intérim du centre hospitalier de Carhaix, était séquestré l’après-midi du 20 novembre dernier par des syndicalistes, et « libéré » par la gendarmerie, sous les quolibets d’une foule en délire. Le SNCH dénonçait, une fois de plus, la situation de ces directeurs d’hôpital, « qui n’accepteront plus d’être utilisés comme fusibles ». Une prise de position qui a dû combler d’aise Raynald Ferrari, l’ex-directeur du centre hospitalier d’Ajaccio, évacué nuitamment de l’Ile de beauté… et qui a retrouvé, in fine, un poste de directeur au CH de Nevers.

Jean-Bernard Gervais

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