Comédie musicale : Vie de couple, névrose ou thérapie ?



La psy qui chante, véritable création théâtrale et musicale, est à l’affiche
du théâtre Essaion jusqu’au 2 mai 2009. « Une Fabuleuse histoire des thérapeutes thérapies
de l’âme », cette pièce, coécrite par Jean-Yves Dretzolis et sa compagne,
Anne Cadilhac, est jouée magistralement par cette dernière, en compagnie de
Jean-François Wolff. Du rythme, de l’humour, de la passion, vous aurez tout
sur un seul plateau, celui du cha cha cha du couple Boudinevsky.
Elle : « J’ai un toc, je ne peux pas m’empêcher de regarder les braguettes
des hommes » Lui : « Moi aussi, j’en ai un, je ne peux pas m’empêcher de
chanter Michel Legrand quand je suis content » Bienvenue dans la maison du
couple Boudinevsky : le mari, Jacques-Marie, psychanalyste mais pas indemne
de névroses, cherche à guérir par tous les moyens sa femme, Anne-Lise,
angoissée, dépressive et qui se dit frigide. La psy qui chante raconte
l’histoire de ce couple qui s’aime, mais qui part complètement à vau-l’eau,
à force de rejouer sans cesse les mêmes scenari névrotiques. Cette pièce est
menée par de bons comédiens et qui sont aussi d’excellents pianistes : ils
alternent textes, chansons, parfois danses, au piano. Les problèmes du
couple sont abordés - telle une séance de psy en accéléré - à travers des
clins d’oeil introductifs via l’audio et la vidéo, aux grands découvreurs de
l’histoire de la psy (Freud, Jung, Lacan, Eric Berne, Dolto, etc.)
De l’humour donc : elle devant l’illustre Sigmund : « J’ai peur des parents,
j’ai peur des serpents, de Carla, de Nicolas » et l’illustre Freud de
répondre : « Non, on est en 1900, ça n’existe pas, tiens, si je me faisais
une petite ligne ». Du talent musical : Michel Legrand (le toc), Chopin, la
musique de cabaret, tout y passe, « la passion s’efface devant les mots de
passe, il n’y a plus personne dans les hôtels de passe », extrait d’une des
chansons. De la passion qui fait souffrir docteur : « Ces états du moi sont
des états désunis. Nos moi se sont croisés et se sont perdus. » Après avoir
tenté de nombreuses thérapies ­ même les plus innovantes ou les plus
folles’ - avec nos psys les plus célèbres, et bien que l’analyse
transactionnelle ait fait apparaître un problème de communication dans leur
couple, arrive finalement la question fatidique de la séparation posée par
Jacques-Marie qui résume en une formule choc : « Suicide de couple ? : Fini
les thérapies, on a des choses à régler entre adultes » et son lot de
sempiternelles questions : « Avec qui as-tu couché ? Et ta double vie ?...
Tant de raisons de se séparer » Et alors, on repart pour un tour (de
passe-passe) résumé en une seule touche (de piano) finale : « Je veux rester
sous ce ciel avec toi, même hystérique, même obsessionnel(le) ».
Arnaud Janin


Théâtre Essaïon
6, rue Pierre-au-Lard
75004 Paris
Réservations : 01 42 78 46 42
Du 3 avril au 2 mai, relâche le 29 avril.
DU MARDI AU SAMEDI à 21h30

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