Cannes : Pas de remake de 1995 !



Exercice difficile pour Roselyne Bachelot, venue clore la XIII ème université d’été de la CSMF (21/23 septembre 2007) devant un parterre de médecins particulièrement remontés à la veille de la présentation du PLFSS pour 2008. Les mesures qui ont suivies le comité d’alerte, le récent rapport de la cour des comptes, certaines déclarations sur la liberté d’installation des médecins ont mis le feu au poudre. La puissante confédération craint un retour à la « maîtrise comptable » de 1995. Le ton et les mots employés par le président Chassang dans son discours de clôture sonnent comme un avertissement au gouvernement.

La marge de manœuvre est étroite pour ce dernier entre l’indispensable redressement des finances publiques « au bord de la faillite » comme vient de le déclarer François Fillon et le souci de ne pas trop mécontenter une profession dont on sait l’influence.

Plus que le taux d’évolution de l’Ondam qui sera de 2,8%, c’est sa répartition entre l’hôpital et la ville qui sera analysée à la loupe. Sera-t-il « réaliste et équilibré » comme le souhaite la CSMF? La ministre le laisse entendre. Il n’est pas sûr que les appréciations convergeront lorsque les taux seront connus. Rassurante, Mme Bachelot l’a également été sur l’épineux problème de la liberté d’installation des médecins. Elle a assuré « tenir profondément » à la liberté d’installation comme à celle « de prescription et de choix de patients de leur médecin ». Comment alors interprété les propos de Nicolas Sarkozy, qui avait jugé nécessaire mardi 18 septembre de "s'inspirer au minimum des négociations entre l'assurance-maladie et les infirmières, ces dernières ayant accepté de ne pas s'installer dans les zones où elles sont trop nombreuses". Fera-t-on vivre l’amendement conventionnel n°20 adopté il y a trois mois et qui prévoit des mesures d’incitations comme le demande la confédération où ira-t-on au-delà avec des mesures plus contraignantes ?

Autre sujet de discorde : la permanence des soins. La CSMF qui fait état d’une augmentation du nombre des médecins participant au dispositif a mal apprécié les constats du rapport Grall qui pointe du doigt le désengagement des médecins libéraux . Ici aussi la ministre se veut rassurante en laissant entendre que les samedis après-midi et des ponts pourraient être rémunérés moyennant une diminution du nombre de secteurs d’astreinte.

Les semaines à venir permettront d’y voir plus clair sur tous ces sujets et de mesurer la détermination des uns et des autres. Le gouvernement est désormais au pied du mur . L’heure n’est plus à la tergiversation.Quelles sont les mesures qui seront annoncées ? Jusqu’où ira l’acceptation des médecins qui sentent bien qu’une période est en train de s’achever et que les contraintes économiques occuperont une place de plus en plus importante dans le débat. Ce n’est pas un hasard si au cours de cette université d’été on aura beaucoup parlé de disease management et de benchmarking. Pour autant, accepteront-ils des mesures qu’ils estimeront être des mesures de « maîtrise comptable ».

Après Michael Moore, c’est un autre américain l’économiste Victor Rodwin grand connaisseur de notre système de santé qui mettra un peu de baume au cœur des médecins français en faisant état de chiffres plutôt flatteurs pour la qualité de la médecine française.

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