Opinion

OUI
NON

Bernard Accoyer sur le perchoir



Bernard Accoyer offre au corps médical une place illustre dans « le Panthéon médical de la République » . Le nouveau président de l’Assemblée nationale, ORL de son état, devient ainsi, en effet, le quatrième personnage de l’Etat. Pour Bernard Accoyer, la santé est un terrain connu. Le député de Haute-Savoie, né en 1945, s’est au cours des précédentes législatures - il est député depuis 1993 et Maire d’Annecy Le Vieux, un des quartiers résidentiels d’Annecy, depuis 1989 - beaucoup  engagé dans plusieurs combats professionnels et de santé publique. Pas toujours avec succès, et souvent avec la mésestime de ses confrères, qui lui portent quelques fortes inimitiés. En s’engageant  en faveur d’une codification de la psychanalyse, le médecin Savoyard s’est frotté à une élite médicale parisienne qui l’a fait plier avec un peu de condescendance. Le célèbre Jacques-Alain Miller, en rameutant toute l’intelligentsia psychanalytique, ne lui a pas laissé beaucoup de chance. Il avait  auparavant affronté la jeunesse, pour de bonnes raisons, mais avec maladresse, en voulant les protéger des tatouages et autres piercings. L’homme sur ces questions est entier et pas très progressiste. C’est un vrai politique de droite, même si l’élu est très « écoutant », aimable et s’il est devenu plus apaisé et consensuel. A dire vrai, il fut un excellent président du groupe UMP de 2004 à 2007. Et ce fut méritoire d’être à la fois chiraquien « pur sucre » et « sarko-compatible » !

Pour les professionnels de santé, le nouveau président de l’Assemblée nationale est cependant surtout connu comme un des « sabras » du président Chirac, fraîchement élu en 1995. Il fut, en effet, parmi les plus déterminés défenseurs du plan Juppé de 1996 et 1997. Ferraillant à gauche avec une opposition qui voulait affaiblir le pouvoir d’un Premier ministre trop sûr de lui, et « droit dans ses bottes », et à droite contre les médecins libéraux menés par Claude Maffioli et la CSMF. Avec Jacques Barrot, qui était rue de Grenelle, le député-médecin s’est battu avec force et courage mais n’a pu résister à la débâcle de la droite en 1997, qui perdit la majorité au profit des socialistes. Dix ans nécessaires furent nécessaires pour monter sur le perchoir, et réconcilier les médecins avec la droite, en pleine rupture sarkozyste.

PM  

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