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Congrès RCFr

Cinq spécialistes pour préparer l’avenir

À l’occasion de la conférence inaugurale des cinquièmes Rencontres de la cancérologie française 2012, cinq spécialistes de la cancérologie ont rappelé « les conditions de développement de la cancérologie » et exposé leurs attentes.

 

Après avoir rappelé que le traitement du cancer avait beaucoup évolué au cours de ces dernières années et qu’un peu plus d’un cancer sur deux débouchait aujourd’hui sur une guérison, Josy Reiffers, président de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer, a expliqué comment conjuguer organisation et innovation. Car, à l’heure où la médecine est de plus en plus ciblée, d’important progrès doivent être réalisés dans l’organisation pour rendre cette innovation accessible à tous partout sur le territoire national. D’où la nécessité d’améliorer la coordination entre la ville et l’hôpital, puisque de plus en plus de malades vont bénéficier d’une prise en charge ambulatoire et recevront des soins/leurs traitements, à l’hôpital, sur des plateaux techniques de plus en plus sophistiqués. Aussi est-il aberrant de vouloir construire de nouveaux hôpitaux sur le modèle de ceux qui ont vu le jour dans les années 70/80. De même est-il urgent d’imaginer un nouveau mode de financement des établissements hospitaliers qui serait moins dépendant de la notion de séjour.

Véronique Trillet Lenoir, oncologue médicale au CHU de Lyon-Sud, a insisté sur l’importance de la coordination afin de mettre en adéquation l’organisation des hôpitaux avec les progrès technologiques et notamment médicamenteux. De même, dans le cadre d’une plus grande accessibilité, considère-t-elle indispensable d’encourager les délégations de tâches à des soignants non médicaux. Dans cette perspective, il lui semble également urgent de développer les coopérations interprofessionnelles. Il ne saurait par ailleurs y avoir de développement compétitif en cancérologie sans échanges internationaux. Quant à la recherche, elle doit continuer à bénéficier des dispositifs mis en place par les deux premiers plans cancer et en particulier des cancéropôles. À l’instar des actions de prévention mises en place avec la Haute Autorité de santé (HAS), il faudra enfin renforcer la sécurité pour éviter toute nouvelle crise sanitaire.

Bernard Couderc, président du réseau du Conseil national de la cancérologie (CNC), a insisté sur la nécessité de continuer à favoriser l’accès à l’innovation et à la recherche clinique, d’une part en augmentant les taux d’inclusion dans les essais cliniques ; et d’autre part en soutenant les hôpitaux généraux et le secteur libéral. Il a rappelé en outre l’urgence de faire émerger les diverses réformes censées contribuer au développement des différents métiers de la cancérologie et notamment de la radiothérapie, de l’oncologie médicale et de l’anatomo-cytopathologie (ACP). Il a par ailleurs expliqué que l’émergence de nouveaux traitements de nouvelles voies d’administration – per os ou sous-cutané – nécessitaient également de repenser l’organisation de la prise en charge du patient entre la ville et l’hôpital et donc d’encourager la création de nouveaux métiers, tels celui de coordonnateur qui est appelé à jouer un rôle central avec les réseaux et les équipes impliquées dans le premier recours.

Après avoir rappelé la place centrale qu’occupait la formation, Serge Uzan directeur de l’institut universitaire de cancérologie Pierre-et-Marie-Curie, s’est montré rassurant vis-à-vis de certaines spécialités, comme l’oncologie médicale qui séduit un nombre croissant d’internes. Il s’est dit en revanche beaucoup plus inquiet pour la radiothérapie. Outre un apparent pouvoir de séduction moindre, cette spécialité semble pâtir d’un désintérêt des jeunes chefs de clinique pour l’hôpital public. D’où son souhait de réfléchir à des conventions innovantes entre le public et le privé. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de ne pas faire de l’anapathologie une discipline purement biologique au risque de décourager un certain nombre de spécialistes d’organes. Afin d’assurer un réel continuum pour le patient, il a enfin expliqué qu’il était nécessaire de créer des formations à Bac+5/Bac+6 pour permettre à des professions intermédiaires de voir le jour, à l’instar de ce qui existe en obstétrique.

Thierry Philippe, président du centre de cancérologie Léon-Bérard à Lyon et conseiller régional de Rhône-Alpes a rappelé que le vieillissement de la population devait être une source de réflexion car le lien entre cancer et population âgée était trop souvent ignoré. À l’heure où le DMP balbutie toujours, il a par ailleurs insisté sur l’exemple que constituait la cancérologie pour mettre au point un véritable dossier patient. Il a enfin expliqué qu’il était indispensable de créer à la fois des réseaux de recherche régionaux et nationaux pour relier les différentes couches qui ont vu le jour dans le domaine de la recherche.

SLM

Information du 21.02.13 16:01

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