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Congrès RCFr

Cancer : La progression de la sécurité des médicaments et des soins

Aux Rencontres de la cancérologie française (RCFr) de novembre dernier, Jean-Luc Harousseau au titre de la Haute Autorité de santé (HAS), et Dominique Maraninchi à celui de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), ont décliné en assemblée plénière, différentes composantes de la sécurité des patients, au regard de l’optimisation des médicaments et des soins en cancérologie.

Depuis l’ « Épinal de la radiothérapie », une décennie a contribué à modifier l’ordre des priorités dans le soin et l’administration médicamenteuse. C’est-à-dire à voir le principe de sécurité conditionner l’exigence de compétences et l’utilisation des ressources financières, imprimer de nouvelles modalités d’organisation des soins et éclaircir la nature des rapports avec les industries du médicament.

Pour autant, dans le concert des scandales ayant émaillé l’histoire de notre système sanitaire depuis trente ans, la cancérologie a été relativement épargnée, en comparaison des risques iatrogènes considérables d’un grand nombre de ses soins, traitements et médicaments.

RCP, 70 % des dossiers des nouveaux patients

Pionnière des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP), la cancérologie recense en 2011 leur  organisation avec au moins trois professionnels de santé, dans 70 % des dossiers de nouveaux patients. La prescription-dispensation bénéficie quant à elle d’un guide des outils d’autoévaluation et de sécurité de l’administration des médicaments en établissement de santé, et se fortifie de l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) liée au développement professionnel continu (DPC). Essais sur mannequins et jeux de rôles, check-lists, guide des risques associés aux soins complètent l’aide à l’administration des soins. En revanche, la surveillance des évolutions morbides apparaît mal définie, même si les coopérations professionnelles ouvertes par l’article 51 de la loi HPST paraissent une piste prometteuse de délégation de métiers, déjà ouverte pour les ponctions de moelle osseuse, les mélanomes à haut risque ou les chimiothérapies orales. Mais comment espérer en de véritables déconcentrations d’actes, alors que les infirmières spécialisées en cancérologie signalent leur relative ignorance des produits, doses, effets et des procédures de sécurité ?

Généraliser une vraie organisation des soins

Par ailleurs, une vraie organisation des parcours de soins permettant d’éviter l’hospitalisation ou de mieux l’appuyer, reste à généraliser, dans le sillage des balbutiements de ceux mis en place pour le cancer du sein ou de l’utérus.

Les produits eux-mêmes doivent, pour la sécurité des patients, être davantage régulés par une expertise indépendante, soutenue et transparente. Par la loi du 4 mars 2002, se poursuit la clarification de la situation personnelle des décideurs, et des membres ou collaborateurs des diverses commissions, conseils, placés auprès des ministres de la Santé et de la Sécurité sociale, notamment par la généralisation des déclarations d’intérêts, prévue à l’article L. 1451-1 et 2 du code de la santé publique et récemment appliquée par l’arrêté du 5 juillet 2012. L’expertise externe de l’Anap quant à elle, se développe dans 36 groupes et comités scientifiques temporaires, une interface réseaux, y compris de patients, dans quatre comités techniques tenus en séances publiques. Ses moyens matériels ne sont plus financés par les entreprises du médicament mais par l’État.

Reste que la pharmacovigilance repose aléatoirement sur l’effectivité des déclarations des effets indésirables par les médecins et leur prise en compte. Une ouverture systémique aux patients ne pourrait qu’y aider dans le contexte de la chronicisation de nombreux cancers avec l’objectif plus qu’expérimental, d’une médecine participative, personnalisée, coordonnée en parcours de soins, de santé et de vie.                                           

JL Romanens

Information du 21.02.13 16:06

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